Jubilé du 25e anniversaire de la béatification du P. Jean Marie de la Croix
Entretien avec le Supérieur Provincial d'Espagne, le P. Juan José Arnaiz Ecker, SCJ, sur la célébration du jubilé des 25 ans de la béatification du Bienheureux Jean Marie della Croix, SCJ, prévue pour le samedi 11 avril 2026 en Espagne.
Révérend Père, le P. Jean Marie de la Croix, religieux Dehonien de la Province espagnole, a été martyrisé le soir du 23 août 1936 à Valence et a été béatifié le 11 mars 2001 par le Pape Jean-Paul II. Que pouvons-nous tirer aujourd’hui de son héritage spirituel, 25 ans après sa béatification ?
Juan José Arnaiz Ecker, SCJ : Un premier pas a été de s’éloigner du « bruit politique » que les situations de martyre entraînent inévitablement avec elles. Ainsi, au cours de ces années, nous avons pu découvrir sa figure religieuse et spirituelle, son combat intérieur et vocationnel, sa recherche de la volonté de Dieu dans l’obéissance et dans la contradiction de ses propres goûts, et enfin la capacité de témoignage de notre confrère bienheureux, que je tiens toujours à rappeler, qu’il est un bienheureux de la Congrégation, et non de la Province espagnole.
Pourquoi la Province espagnole célèbre-t-elle le jubilé de ce Bienheureux de la Congrégation exactement un mois après la date officielle de la béatification ?
Le Carême n’est pas une période appropriée pour de grandes célébrations ! C’était simplement une question d’agenda. Il n’y a pas eu d’autres raisons.
Quelle résonance la figure du Père Jean Marie de la Croix, premier Bienheureux dehonien, a-t-elle aujourd’hui au sein de la Province SCJ d’Espagne ?
Le Bienheureux Jean Marie est mort à un âge que nous pourrions considérer aujourd’hui comme « jeune ». De plus, s’il était jeune, notre entité l’était encore plus à l’époque. Certes, il aurait pu devenir l’un des piliers des débuts institutionnels de notre Province, mais il est devenu un pilier inattendu, strictement spirituel. C’est ainsi qu’il est entré dans le quotidien de notre vie communautaire et apostolique. Il nous accompagne dans de nombreux cas lors de la récitation de la prière eucharistique, étant invoqué aux côtés des saints du jour. Dans nos écoles, sa mémoire liturgique en septembre a permis qu’il devienne la première référence dehonienne de l’année scolaire et pastorale. Il en va de même pour l’apostolat paroissial. Personnellement, la promotion de sa dévotion spécifique est un objectif propre à cet anniversaire, tout comme la reprise de l’étude de ses écrits et l’approfondissement de son parcours biographique.
Au-delà de la Congrégation, est-il connu en Espagne ?
Au-delà de la Congrégation, dans son diocèse d’origine, Ávila, nous savons qu’il a une présence liturgique qui, dans son village natal, est devenue une présence de premier plan, donnant son nom à des rues et à des structures municipales à San Esteban de los Patos (Ávila). Cependant, nous ne pouvons oublier que sa présence dans notre église de Puente la Reina (Navarre), appelée El Crucifijo, au début du Chemin de Saint-Jacques, confère à sa figure une portée internationale difficile à mesurer, mais indubitablement réelle. C’est pourquoi je réitère l’invitation aux entités de la Congrégation à programmer des pèlerinages au tombeau du bienheureux et à entrer dans cette communio sanctorum offerte par nos confrères martyrs, auxquels s’ajoute le vénérable Martino Capelli. À ce jour, entre Saint-Quentin, Bologne et Puente la Reina, se forme un « triangle de la sainteté dehonienne » qui nous permet de toucher du doigt les grandes valeurs de l’oblation, de l’engagement apostolique, de l’accueil de l’Esprit, du soin de la communauté et des plus faibles ; en somme, du don radical au Seigneur du Cœur nouveau.
Quelles sont les initiatives ou les événements marquants prévus par la Province pour célébrer ce jubilé ?
Nous avons programmé ces initiatives davantage comme un anniversaire que comme un jubilé proprement dit. Parmi les événements, outre la rencontre fraternelle à laquelle se joindra un groupe nombreux de membres de la famille du bienheureux, sa figure sera d’une part rappelée lors d’une conférence confiée au Postulateur général de la Congrégation, le P. Ramón Domínguez, et d’autre part, célébrée par une eucharistie solennelle présidée par notre Supérieur Général, le P. Carlos Luis Suárez. Comme signe pérenne, une nouvelle sculpture du bienheureux sera bénie et installée pour le culte ce jour-là. Enfin, le gouvernement général a souhaité qu’à l’occasion de cet anniversaire, et aussi en préparation de la prochaine béatification du P. Capelli, la rencontre avec les religieux dehoniens évêques se tienne précisément à Puente la Reina, durant la dernière semaine d’avril.
Au niveau provincial, quel fruit concret ou quel « renouveau » espérez-vous voir germer au terme de cette année jubilaire ?
Cet anniversaire s’inscrit dans le Jubilé dehonien et, au niveau provincial, nous avons souhaité que cette année pastorale soit porteuse d’une forte charge de renouveau spirituel dans la recherche de réponses (même provisoires) aux questions qui nous habitent, qui nous font bouger et qui nous aident à entrer dans la communion quotidienne avec l’Esprit. C’est cet Esprit qui a poussé le bienheureux Jean Marie de la Croix à aimer tellement le Seigneur qu’il n’a pas eu peur de proclamer son Nom à haute voix et de professer sa foi dans le Dieu-amour que le Seigneur Jésus nous a révélé : un don oblatif et apostolique, bien qu’humble et caché.


