Mission et défis de la Commission Théologique Internationale SCJ
Père John, vous êtes le théologien le plus expérimenté et le plus ancien parmi les membres de la Commission Théologique Internationale SCJ. Comment vous présenteriez-vous ?
Père John van den Hengel, SCJ : Je suis John van den Hengel, membre de la communauté SCJ. Je vis à Ottawa, au Canada. Je suis théologien depuis 1965 et j’ai toujours porté un intérêt profond pour la théologie du Sacré-Cœur et le charisme de notre Congrégation. Par conséquent, je siège en tant que membre de la Commission Théologique Internationale (CTI), où je coordonne le continent nord-américain, qui comprend le Canada et les États-Unis.
Quelle est la mission de la Commission Théologique Internationale SCJ (CTI) ?
La Commission Théologique Internationale existe sous sa forme actuelle depuis 2017, année où nous avons tenu notre première réunion générale à Jakarta, en Indonésie. Notre tâche est de réfléchir à notre charisme déhonien et de trouver un langage qui l’exprime pour le monde d’aujourd’hui.
Cela présente des défis majeurs, car nous réalisons que des changements profonds s’opèrent, non seulement dans nos engagements apostoliques, mais dans le monde en général. Par conséquent, la tâche d’articuler et d’offrir un langage contemporain à notre tradition théologique est en train d’ évoluer. C’est ce qui rend cette période très passionnante pour les membres de la Commission.
Quels sont exactement ces défis auxquels vous faites référence ?
Le premier défi découle du fait que notre Congrégation s’est implantée dans de nombreuses zones culturelles diverses. Nous devons exprimer notre charisme et notre spiritualité non seulement dans la langue européenne où ils ont vu le jour, mais aussi dans les langues et les contextes d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud. C’est un véritable défi.
Un second défi réside dans le fait que nous avons commencé, en tant que commission théologique, à lire le Père Dehon de manière un peu différente. L’année prochaine, nous nous réunirons à Taubaté, au Brésil, pour étudier le vaste ensemble d’écrits que le Père Dehon a produits tout au long de sa vie. Notre objectif est de trouver une expression contemporaine de ce charisme. Nous avons pris sur nous de revenir aux textes originaux de Dehon et de commencer une « nouvelle lecture » pour voir comment ils nous parlent au XXIᵉ siècle. C’est une tâche exigeante mais fascinante.
Que compte faire la Commission pour surmonter ces défis ?
J’ai récemment fait une découverte très intéressante. Pendant longtemps, je m’étais intéressé à la notion de « pur amour » chez le Père Dehon. Je la comprenais initialement d’une manière spécifique — comme un lien entre sa relation intérieure avec l’amour du Christ et son engagement social.
J’ai entrepris une étude ciblée du « pur amour » dans les écrits du Père Dehon, en me penchant spécifiquement sur Couronnes d’amour, qu’il a écrit en 1904 sous la forme d’une série de méditations. Grâce à cette analyse, j’ai réalisé que je n’avais pas pleinement compris le concept du Sacré-Cœur selon Dehon jusqu’à présent.
Selon moi, le Père Dehon cherchait à faire ce que Saint Ignace de Loyola a fait avec les Exercices Spirituels. Il a écrit une série de méditations sur Jésus afin que nous puissions devenir véritablement unis au Christ — à tel point qu’Il prenne possession de nos cœurs, nous permettant de regarder le monde selon Sa perspective.
Cela conduit à une compréhension unique de la réparation : le monde change grâce à la transformation qui s’opère en nous. En devenant d’« autres Sacrés-Cœurs », nous transformons le monde et en créons un nouveau. Je crois que le Père Dehon a encore beaucoup à dire à notre époque. Nous avons la chance, l’année prochaine, d’entreprendre une étude plus complète de ses écrits lors du séminaire théologique de Taubaté. Nous espérons que cela offrira une vision plus globale qui nous permettra de vivre le charisme déhonien dans le monde moderne.




