Rome : Une soirée mémorable avec Martino Capelli, SCJ et Elia Comini, SDB, futurs bienheureux
Organisée par la postulation générale SCJ, une soirée de remerciements et de méditation s’est tenue à la Maison générale SCJ pour honorer la mémoire et l’amitié fraternelle entre le Père Martino Capelli (SCJ) et Don Elia Comini (SDB). Les invités d’honneur, le Père Pier Luigi Cameroni, postulateur général des Salésiens, et sa collaboratrice, la Dre Lodovica Maria Zanet – dont la collaboration dans le suivi des deux causes de béatification a été vivement saluée – ont permis aux membres de la communaué de redécouvrir le lien unique qui unissait ces deux martyrs de la Seconde Guerre mondiale.
Une amitié sacerdotale
Le 29 septembre 1944, à San Michele a Salvaro (Bologne), la barbarie nazie fauchait deux jeunes vies sacerdotales. Pourtant, comme l’a rappelé la Dre Lodovica Maria Zanet relatrice principale, leur martyre n’a pas été le fruit d’un hasard tragique, mais l’aboutissement logique de deux trajectoires spirituelles profondément convergentes.
Bien qu’ils n’aient partagé que trois mois de vie commune (de juillet à septembre 1944), leur amitié sacerdotale s’est révélée être une véritable fresque de vertus partagées. Tous deux issus de familles pauvres mais riches de foi et profondément marquées par la dévotion mariale, ils ont appris dès l’enfance l’art du service concret. « En guerre, on met en œuvre ce que l’on a appris en paix », a souligné la relatrice. Leur sacrifice final n’était que le prolongement des « habitudes vertueuses » solidifiées tout au long de leur vie.
De la « école de feu » au choix du risque
Le retour jusque dans la jeunesse des deux futurs bienheureux a retenu une attention pqrticulière des membres de la communauté. D’un côté, le Père Martino, surnommé « il Kika » dans son enfance, toujours à courir pour aider son prochain. De l’autre, Don Elia, formé à la « scuola di fuoco » (l’école de feu) de Monsignor Mellini, un disciple direct de Don Bosco. Tous deux avaient une capacité d’attraction phénoménale sur la jeunesse : les enfants se pressaient autour de Don Elia « comme des poussins autour de la poule », tandis que ceux du Père Martino s’accrochaient littéralement au cordon de sa soutane lors des sorties.
Ce dévouement s’est mué en héroïsme pur durant les heures sombres de l’occupation. La Docteure Zanet a rappelé le geste surhumain de Don Elia, déplaçant un armoire gigantesque pour dissimuler soixante-dix hommes aux yeux des soldats allemands. Au lieu de se cacher, les deux prêtres ont choisi de braver le danger pour une seule raison : porter l’Eucharistie et le réconfort aux mourants.
Le « Don des liens » contre l’indifférence moderne
La collaboratrice du Postulateur général des Salésiens, la Dre Zanet, a offert, à partir de la vie des deux martyrs, une critique percutante de l’individualisme contemporain. Prenant l’exemple trivial mais parlant des attitudes humains dans les métros de Rome, où la détresse et le besoin des personnes âgées passe souvent inaperçu, elle a opposé l’altruisme évangélique des deux futurs bienheureux.
Un concept fort a marqué les esprits : le « le don des liens ». Don Elia et le Père Martino ont trouvé leur liberté et leur sanctification dans l’acceptation des contraintes quotidiennes, de l’obéissance religieuse et des renoncements – comme lorsque le Père Martino dut renoncer à son rêve de partir en mission. C’est dans ce sens que fut annoncé la parution prochaine d’un ouvrage complet retraçant la vie et les correspondances spirituelles de ces deux grandes figures, dans lequel on pourra découvrir le « caro librettino », le journal intime où Don Elia, dès l’âge de 17 ans, exprimait son désir d’offrir sa vie en « holocauste ».
« Nous sommes prêtres et nous devons y aller »
L’intervention de la docteure s’est achevée sur l’évocation poignante de la matinée du 29 septembre 1944. Devant la petite église de San Michele, malgré les supplications des femmes du village qui tentaient de les retenir pour les protéger, les deux prêtres sont restés inébranlables. Leurs dernières paroles résonnent encore dans les cœurs : « Nous sommes prêtres et nous devons aller. » Aller porter le christ aux à ceux qui en ont besoin.
La suite du programme
Après un vibrant remerciement la communauté s’est plongée dans un bref silence de recueillement, avant la prière des vêpres. Un repas solennel avec échanges des cadeaux a ensuite marqué une fin joyeuse de ce rendez-vous mémorable, où le Père Martino et Don Elia prouvait une fois de plus que la sainteté n’est pas une abstraction, mais une suite de choix quotidiens guidés par l’amour.






















