27 novembre 2020
27 nov. 2020

Soyez sur vos gardes, la joie vous attend!

Soyez sur vos gardes, la joie vous attend!
par  André Vital Félix da Silva, évêque scj
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Nous voici au début d’une nouvelle année liturgique, ce qui ne veut pas dire un mouvement fermé d’un éternel retour, mais qui nous aide à reprendre et à approfondir, avec un dynamisme toujours croissant, les vérités fondamentales de notre foi chrétienne dont la densité ne s’épuise jamais.  Même si l’Avent a été institué en vue de la préparation á la Noël, peu à peu, il prend un sens plus ample, c’est-à-dire, qu’il ne s’agit pas seulement de préparer la célébration de la première venue du Christ au monde, mais c’est un temps de prendre conscience avec plus de conviction, de sa venue à la fin des temps. Cependant, entre ces deux venues, il faut être vigilants el attentifs afin de reconnaitre sa venue permanente dans l’aujourd’hui de l’histoire comme l’Église nous y invite: «Aujourd’hui et en tout temps, Il Vient à notre rencontre, présent en chaque personne humaine pour que nous puissions l’accueillir dans la foi et le témoigner dans la charité en attendant la bienheureuse réalisation se son Règne» (Préface de l’Avent, 1/A)

Le texte évangélique de ce dimanche a comme thème la vigilance, avec un cadre bien défini ; «Gardez vos yeux ouverts» (grec: blépete agrupneitei); et termine avec une forte invitation : «ce que je vois dis à vous, je le dis à tous: veillez!». La littérature prophétique ainsi que la littérature sapientielle insistent sur la nécessité de la vigilance, dans l’Ancien Testament, les villes étaient entourées de tours et les gardes avertissaient les habitants au moindre danger. Ces gardes devaient être toujours en éveil pour protéger la ville de tout assaut.

Jésus reprend le thème de la vigilance en soulignant un nouvel aspect. Il ne s’agit plus d’un garde immobile qui observe du haut d’une tour afin de constater ou identifier quelque surprise ou menace. Mais, dans la perspective chrétienne, le garde devient un serviteur: «Il a quitté sa maison, tout remis aux soins de ses serviteurs» (grec douloi: serviteurs). La vigilance est active, elle ne doit pas être considérée comme une attitude de peur qui paralyse ou empêche d’agir. Au garde, il est demandé de rester à son poste immobile, attentif; on attend que le serviteur remplisse la tâche qui lui a été assignée par son maître.

Tandis que le garde reste à son poste prêt à annoncer à la ville, une situation négative, le serviteur, lui, attend l’arrivée de son maître qui va le récompenser en accord avec sa conduite. Le service du garde de l’Ancien Testament présente un aspect paradoxal: il est vrai qu’il est à son poste parce qu’il prévoit la possibilité d’un malheur, d’un assaut; en vérité personne, ni son chef, ni lui-même souhaite que cela arrive. Donc, le garde espère que ce qu’il prévoit, n’arrive pas.

Le serviteur attend l’arrivée de son maître, il est sûr de sa venue, même sans savoir l’heure exacte (grec kairos: temps opportun). Peu importe l’heure de l’arrivée: «le soir, à minuit, au chant du coq ou le matin», l’attitude correcte est le service, c’est-à-dire être fidèle à la tâche qui lui a été confiée.

Ce qui est intéressant c’est que l’évangéliste ait utilisé les quatre manières de diviser la nuit (schéma romain): du soir jusqu’au matin. Cette division évoque la mort el la résurrection de Jésus. Il est mort le soir, il est resté dans le sépulcre durant la nuit et le petit matin, mais il est ressuscité au lever du jour. C’est aussi ce qui arrive au serviteur qui réalise fidèlement sa mission, peu importe s’il passe par l’ombre de la mort, car la rencontre avec son maître, sera un matin qui n’aura pas de fin, son kairós ardemment désiré et attendu.

Le temps de l’Avent nous fait prendre conscience que le Seigneur viendra, comme Il est venu, il y a deux mille ans. Cependant, il nous met dans une attitude de vigilance constante, car le Seigneur est parmi nous. Et le meilleur moyen de reconnaître cette venue permanente c’est de devenir serviteur. Lui qui est venu, non pour être servi mais pour servir, et donner sa vie en abondance, veut que nous l’attendions de la même manière, c’est-à-dire que nous soyons les serviteurs de tous.

L’Avent ne se réduit pas à préparer les décorations de Noël, mais, surtout c’est le moment propice (kairós) pour apprendre les leçons de service que le Seigneur,  lui-même nous donne, car c’est le plus sûr moyen de nous préparer à la rencontre définitive avec Lui, lorsque notre service vigilant se transformera en joie éternelle.

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