« Chaque jour, nous produisons 9 000 baguettes »
Alors que les confrères de la maison provinciale de Nkongsamba, au Cameroun, vont se coucher les uns après les autres, la journée de travail de l’un d’entre eux bat encore son plein. Le Frère Achille Tekadam Tiave, scj, s’active toujours dans les locaux de la boulangerie de la congrégation, baptisée Sacred Heart Global Service. Le Frère Achille y travaille depuis plus de 15 ans. Au cours de ces années, il a également obtenu un Master en resources humaines et gestion d’entreprise et dirige la boulangerie depuis lors. En réalité, il s’occupe absolument de tout : des vis manquantes dans le four jusqu’à la réception et au paiement des commandes. Et chaque jour – ou plutôt chaque nuit –, avant que les premières camionnettes ne partent livrer les baguettes, il procède à un contrôle qualité aléatoire. « Chaque jour, nous produisons 9 000 baguettes, mais nous avons encore de la marge pour augmenter notre capacité », confie le Frère Achille.
Une oeuvre d’autofinancement
Pour les finances de la Province camerounaise des Prêtres du Sacré-Cœur, ces 9 000 baguettes quotidiennes sont d’une importance capitale. Parmi les différentes initiatives lancées pour générer des revenus propres et ne pas dépendre exclusivement des dons, la boulangerie est le modèle phare. Seize employés y travaillent, que ce soit à la production, à la livraison ou à l’administration.
Les défis
« La concurrence est rude en ville », remarque le directeur de la boulangerie, « mais nous tenons bon. Et nous versons les meilleurs salaires de la ville ». Cette guerre commerciale ne se fait pourtant pas toujours à la loyale : « Il arrive parfois qu’un technicien soit soudoyé par une entreprise concurrente pour provoquer une panne technique de la manière la plus discrète possible ».
Notre rêve
Les bénéfices sont en grande partie mis en réserve afin d’acquérir de nouvelles machines. Le grand rêve ? « Nous aimerions ouvrir une succursale dans l’une des villes environnantes. Mais pour cela, il faut beaucoup d’argent », explique le Frère Achille.















