28 septembre 2016
28 sept. 2016

Le Fr. Vincent Nhat Minh Nguyen sur la notion de Règne du Sacré-Cœur

par  Vincent Nhat Minh Nguyen, scj

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2016-09-28 EUFLe Frère Vincent Nhat Minh Nguyen a terminé ses études universitaires à Metz en présentant un mémoire à l’Université de Lorraine – UFR Sciences Humaines et Sociales. Il a très bien réussi et obtenu le diplôme de Master en théologie et anthropologie philosophique, spécialité Théologie et spiritualité. Nos plus vives félicitations.

Ses recherches portaient sur la notre de Règne social du Sacré-Cœur auquel le Père Dehon s’est dévoué. Le Fr. Vincent Nguyen a comparé l’approche de Henri Ramière avec celle du Père Dehon comme il l’explique dans la présentation ci-dessous.

A propos du mémoire « Le Règne social du Sacré-Cœur »

Le mémoire intitulé Le Règne social du Sacré-Cœur : la visée mystique et l’engagement sociétal chez Léon Dehon, se présente, en deux parties : la première partie a pour but d’étudier la variante des formules concernant le règne du Cœur de Jésus, le règne du Sacré-Cœur, le règne social de Jésus-Christ, le règne social du Sacré-Cœur et le règne du Cœur de Jésus dans les âmes et dans les sociétés.

À partir de là, le résultat de cette étude nous permet de comprendre que l’expression le règne du Sacré-Cœur était diffusé d’abord par le père Henri Ramière (1821-1884), réorganisateur de l’Apostolat de la prière et fondateur de la revue le Messager du Sacré-Cœur. Ensuite, la formulation le règne social de Jésus-Christ est une expression courante dans la deuxième moitié du XIXe siècle, et liée évidemment aux mouvements dévotionnels rattachés à Paray-le-Monial, à partir de 1870.

En ce qui concerne l’expression le règne social du Sacré-Cœur, elle est employée d’abord par le père Matovelle (1852-1929), fondateur de la Congrégation des Oblats du Divin Amour, en 1883. C’est seulement après 1888 qu’elle se répand aussi en France. Dehon a repris cette formule et la rendra populaire en France dans la dernière décennie du XIXe siècle.

L’expression le règne du Cœur de Jésus dans les âmes et dans les sociétés, sortie de l’initiative du fondateur des Prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Saint-Quentin, nous montre une tension dialectique (mystique et sociétal) devenant l’originalité chez Léon Dehon. En continuant de s’appuyer sur cette tension, la dernière partie a pour but de faire une synthèse pour montrer un équilibre entre la visée mystique et l’engagement sociétal chez Léon Dehon, à travers ses écrits spirituels et sociaux, son ministère presbytéral, sa pensée sociale et son projet fondateur permettant de donner l’engagement sociétal comme un objectif spécifique à sa Congrégation.

L’étude de la partie finale vise également à une analyse comparée sur les perspectives à propos de l’instauration du règne social du Sacré-Cœur chez Henri Ramière et Léon Dehon, les propagateurs importants du règne social du Sacré-Cœur qui ont vécu à peu près à la même époque. Ramière, charismatique, enfermé dans la nostalgie de la chrétienté, rêve de retourner au système de la chrétienté de type monarchique. Il ne trouve aucune conciliation possible entre une société issue de l’Évangile et la société issue de la Révolution. Son combat pour le règne social du Cœur du Christ reste toujours dans un esprit polémique et violent. Cela le conduit à condamner la Révolution et à ne pas en accepter les conséquences sociales. Pour lui, la dévotion au Cœur de Jésus se considère comme le suprême antidote à la peste révolutionnaire, le remède le plus efficace aux maux des sociétés modernes.

Contrairement à Ramière, pour Dehon, c’est dans une société dirigée par le nouveau régime, la République, sécularisée et déchristianisée, qu’il veut rechristianiser. Pour lui, le règne social du Sacré-Cœur entre dans les temps modernes pour la transformation intérieure du monde et le rétablissement de l’ordre social chrétien. Pour cela, Dehon suscite une spiritualité d’union au Christ qui est exigence d’engagement sociétal dont l’intérêt est d’analyser les raisons du malaise de la société pour leur en apporter un remède.

En entrant dans le mouvement de la démocratie chrétienne, Dehon devient, avec l’esprit de Rerum Novarum, un des penseurs de la doctrine sociale de l’Église car l’évolution sociale exige une alliance entre l’Église et son peuple pour le règne de la justice et de la charité.

 

 

 

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