20 août 2021
20 août 2021

#scjnews l 13

Interview du Père Général Carlos Luis Suarez, qui partage l'expérience de sa visite aux confrères de la nouvelle mission en Colombie.


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Père en Colombie, comment a été l’accueil ? Comment s’est passée la rencontre avec les confrères dans cette nouvelle mission ?

Je reviens de Colombie après presque vingt jours avec nos trois confrères qui s’y trouvent. Le père Joko Susilo de la province indonésienne, le père Delio Ruíz qui est argentin mais appartient à la région des Philippines et le père Rafael Nóbrega qui est de la province brésilienne de São Paulo. Tous trois ont lancé cette nouvelle présence de la congrégation il y a neuf mois, la première en Colombie. Ils sont très heureux, en peu de temps ils ont appris à connaître le lieu, j’ai pu constater qu’ils sont appréciés et qu’ils connaissent bien les voisins et les familles du quartier. Il y a également une bonne harmonie et une bonne collaboration au niveau de la coordination pastorale avec l’archevêché et avec le vicariat auquel ils appartiennent, qui est le vicariat de San Pablo dans la partie sud de Bogota.

Nos confrères sont insérés dans un secteur populaire, un quartier comme on dit au Venezuela. Quel est le travail principal des confrères dans leur apostolat auprès des personnes qu’ils accompagnent ?

En parlant avec eux et en synthétisant d’une certaine manière, nous pouvons dire que le premier travail est la construction de la communauté religieuse elle-même. C’est une communauté qui est en train de trouver son propre chemin, compte tenu de la diversité de chacun de ses membres ; une communauté qui vit sa consécration religieuse dans le cadre de notre charisme dehonien et de ce qu’est être frères, vivre ensemble, savoir partager, savoir prier, savoir planifier le voyage est sans doute le premier défi.

Deuxièmement, le travail pastoral lui-même est le service d’une communauté constituée autour d’une paroisse appelée Jésus-Christ, la Porte de la Foi. Il y a toute la dynamique du travail paroissial, ils apprennent à se connaître et à se faire connaître. Il faut tenir compte aussi que nous sommes arrivés en pleine pandémie, deux de nos frères ont même eu le Covid et l’un d’entre eux deux fois même, donc ils ont participé à toute cette réalité de tant de personnes et cela a sans doute limité un peu l’activité, mais malgré tout je pense que cela a été providentiel malgré tant de souffrance, cela leur a permis d’avoir une introduction assez sereine, cela n’a pas été aussi abrupt à cause des limitations imposées par la pandémie.

En ce qui concerne la réalité sociale, il s’agit d’une paroisse qui appartient à la périphérie de la grande ville de Bogota, le territoire s’appelle Usme et notre secteur s’appelle Puerta al Llano car c’est là que se termine la ville de Bogota et que commence la descente vers les plaines colombiennes. C’est une zone avec une population très diverse, beaucoup sont des immigrants qui viennent de différentes parties de la Colombie, un groupe par exemple sont des indigènes qui cherchent à vivre dans les grandes villes comme cela arrive dans d’autres parties de l’Amérique latine ; il y a aussi un groupe de personnes déplacées, des familles, des personnes qui ont dû quitter leur lieu d’origine à cause de la situation de conflit, en particulier à cause de la violence continue entre les guérillas et les forces armées ; il y a aussi une population très importante d’origine afro-américaine, ce sont des groupes que nos frères commencent à connaître, c’est la classe ouvrière qui doit descendre en ville tous les jours, avec beaucoup de fatigue, bref, avec la fatigue de la ville. Une réalité qui n’est pas rare dans les grandes villes du continent latino-américain.

Est-ce que seulement trois religieux resteront dans la mission ? Est-ce qu’on cherche d’autres missionnaires ? Est-ce qu’on s’attend à de la disponibilité ? Ou le Père Général cherche-t-il des candidats ?

Nous aimerions encore rendre le groupe plus concret, et oui, il y a des candidats, certains se sont proposés, j’ai suggéré à certains d’entre eux la possibilité de s’offrir à cette mission et je crois que bientôt cela sera possible, d’avoir un religieux en plus qui puisse accompagner ceux qui sont déjà là. Nous y travaillons parce que c’est un très beau projet et qu’il nous parle aussi de l’internationalité comme expression de notre communion, expression de notre solidarité missionnaire, pastorale et fraternelle que nous devons continuer à consolider.

La dernière question que je voudrais poser, je ne sais pas si on peut y répondre, mais il faut la poser. Nous savons que notre charisme et notre mission ont une grande ampleur et qu’ils sont vécus de différentes manières en fonction de la réalité de chaque entité, alors j’aimerais savoir quelle est la chose la plus caractéristique que nous, Dehoniens, allons partager ou que les Dehoniens partagent dans ce moment historique en Colombie ? Qu’est-ce que nous donnons dans cette église locale dans ce secteur spécifique ? Et qu’est-ce que nous donnons aux gens ?

Bien que nous venons sans doute d’y arriver , que nous devons apprendre, que nous soyons petits, nous devons être très humbles, très attentifs. Je crois que nous pouvons donner beaucoup et l’église en Colombie attend. Nous avons eu une réunion avec l’archevêque, Monseigneur Luis José Rueda Aparicio, qui a été très cordial avec nous et avec notre communauté, et j’ai également eu une réunion avec le vicaire épiscopal de la zone sud, Monseigneur Nelson Enrique Ortiz Rozo, également très cordial. Il est vrai que la Colombie, en raison de la situation de conflit, a besoin de beaucoup de réconciliation, et peut-être devrions-nous être comme le petit garçon dans l’Évangile : ce que j’ai, c’est ceci, quelques pains et quelques petits poissons. Et ce que nous avons, c’est un très grand désir de travailler au service de la réconciliation, au service d’une société qui a besoin d’être réparée parce qu’il y a une déchirure très forte causée par tant d’années de violence et par le drame des migrations internes et des déplacements. En fait, l’idée a été avancée que ce travail de réconciliation pourrait commencer au niveau de la famille, une proposition qui a été soulevée lors d’une réunion avec le vicaire épiscopal de la zone sud, et bien, nos confrères ont reçu cette tâche de continuer à réfléchir sur la façon de donner forme à ce projet d’initier des chemins de réconciliation, en premier lieu au service des familles.

Tout cela a été, une interview simple et fraternelle, surtout pour que les frères de la congrégation et tous ceux qui nous voient et nous lisent puissent connaître un peu notre réalité en Colombie. Nous espérons aussi des mains disponibles, qui sont déjà là, et que nous pouvons prier pour les vocations et les missions que nous partageons aussi ensemble. Père, bénis-nous et merci pour l’interview.

Dieu vous bénisse et beaucoup de salutations aux confrères.

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